L’Ordre des Infirmiers rétabli par le Sénat (Source : CNOI)

Logo CNOIDans le cadre du débat parlementaire sur le projet de loi de santé, quelques députés avaient, au mois d’avril dernier, voulu supprimer notre Ordre.

Pourquoi ? Certainement par méconnaissance de notre profession, et aussi du rôle d’un ordre professionnel. Et sous la pression de lobbys dont l’intérêt n’est pas celui des infirmiers mais leur propre pouvoir. Ce vote avait suscité une incompréhension voire une vague d’indignation dans toute la profession. Comment peut-on supprimer purement et simplement une organisation infirmière comprenant 172000 membres inscrits, tous infirmiers et issus de tous les modes d’exercice ? Pourquoi un tel mépris pour les infirmiers ?La Gouvernement et de nombreux parlementaires s’étaient déclarés immédiatement opposés à cette décision hâtive, irréfléchie et dangereuse. Heureusement cette erreur a été de courte durée puisque le 22 juillet le Sénat a rétabli juridiquement l’Ordre en votant un amendement en Commission.
La manière dont les sénateurs ont motivé leur décision de rétablir l’Ordre est intéressante. La voici :

«  Il faut en premier lieu rappeler que les structures ordinales exercent des missions indispensables à la régulation des professions concernées, et qui ne sauraient être endossés par les syndicats de ces professions. Il leur revient en effet de promouvoir l’éthique et de garantir la déontologie des professionnels, d’inciter au développement de leur compétence, et plus généralement de garantir la qualité et la sécurité des soins. Fonctionnant comme des courroies de transmission vers les professionnels de terrain, ils contribuent ainsi à la promotion de la santé publique.

En second lieu, il apparaît aberrant de supprimer l’ordre d’une seule profession, quand l’ensemble des professionnels de santé doivent être soumis aux mêmes exigences et être dotés d’instances assurant le respect de ces règles. Les infirmiers sont autant concernés que les autres professions par cette régulation, d’autant que l’évolution de la profession se caractérise par une certaine autonomisation de la pratique – la mesure apparaît ainsi en nette contradiction avec la mise en place des pratiques avancées dans le cadre de l’article 30 du présent projet de loi.

Les auditions menées ont en outre permis de constater que les raisons de fond avancées par les auteurs de l’amendement adopté à l’Assemblée nationale pour justifier la suppression de l’ordre ne correspondent pas à la réalité. S’il est certain que des problèmes importants et des manquements sérieux ont été constatés au moment de la mise en place de l’ordre des infirmiers, il semble cependant tout aussi certain que ces problèmes sont aujourd’hui en passe d’être réglés et que la nouvelle équipe en place a créé les conditions d’un fonctionnement satisfaisant. L’objet de l’amendement souligne également ce qui serait un problème de représentativité ; avec 170 000 infirmiers inscrits à son tableau, il semble pourtant que l’ordre des infirmiers ait connu une montée en puissance importante pour une instance de création aussi récente. »
Il est utile que les parlementaires soient attentifs aux missions de notre ordre et s’intéressent à notre profession. Cependant, rien n’a changé. L’Ordre des infirmiers continue de mettre en œuvre quotidiennement les missions de service public qui sont les siennes au bénéfice des infirmiers et des patients.