Et maintenant, les substituts nicotiniques !

addictionsLe tabac demeure un fléau inégalé de santé publique qui tue un fumeur régulier sur deux et fait perdre 20 à 25 ans d’espérance de vie.

C’est la première cause de mortalité évitable en France. Les professionnels de santé doivent devenir de véritables partenaires anti-tabac des fumeurs qui veulent arrêter. Ils doivent engager une démarche active auprès de leur patient fumeur quel que soit le motif de consultation. L’Article 134 de la loi N°2016-41 du 26 Janvier 2016 modifie les articles L.3511-10 et L.4311-1 du Code de la Santé Publique. Pour rappel, ce dernier définit l’infirmière française :

 » Est considérée comme exerçant la profession d’infirmière ou d’infirmier toute personne qui donne habituellement des soins infirmiers sur prescription ou conseil médical, ou en application du rôle propre qui lui est dévolu.

L’infirmière ou l’infirmier participe à différentes actions, notamment en matière de prévention, d’éducation de la santé et de formation ou d’encadrement.

L’infirmière ou l’infirmier peut effectuer certaines vaccinations, sans prescription médicale, dont la liste, les modalités et les conditions de réalisation sont fixées par décret en Conseil d’Etat, pris après avis du Haut conseil de la santé publique.

L’infirmière ou l’infirmier est autorisé à renouveler les prescriptions, datant de moins d’un an, de médicaments contraceptifs oraux, sauf s’ils figurent sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de la santé, sur proposition de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, pour une durée maximale de six mois, non renouvelable. Cette disposition est également applicable aux infirmières et infirmiers exerçant dans les établissements mentionnés au troisième alinéa du I de l’article L. 5134-1 et dans les services mentionnés au premier alinéa de l’article L. 2112-1 et à l’article L. 2311-4.

Un arrêté des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale fixe la liste des dispositifs médicaux que les infirmiers, lorsqu’ils agissent sur prescription médicale, peuvent prescrire à leurs patients sauf en cas d’indication contraire du médecin et sous réserve, pour les dispositifs médicaux pour lesquels l’arrêté le précise, d’une information du médecin traitant désigné par leur patient.

L’infirmier ou l’infirmière peut prescrire des substituts nicotiniques. »

Cette dernière actualisation de notre définition porte à quatre les domaines de prescription des infirmières :

  • Actes AIS de la DSI (Cf. NGAP)
  • Dispositifs médicaux (sous conditions)
  • Contraceptifs oraux (sous conditions)
  • Substituts nicotiniques (sans conditions)

Le dictionnaire VIDAL précise :

L’arrêt brutal de la consommation de tabac après un usage journalier et prolongé entraîne un syndrome de sevrage comprenant au moins quatre des symptômes suivants : dysphorie ou humeur dépressive, insomnie, irritabilité, sentiments de frustration ou de colère, anxiété, difficulté de concentration, agitation ou impatience, ralentissement du rythme cardiaque, augmentation de l’appétit, augmentation du poids. La sensation du besoin impérieux de nicotine est considérée comme un symptôme clinique à part entière du syndrome de sevrage.

Les études cliniques ont montré que les produits de substitution nicotinique peuvent aider les fumeurs à s’abstenir de fumer ou à réduire leur consommation de tabac en diminuant les symptômes de sevrage. Les effets néfastes de la poursuite de l’intoxication tabagique chez les patients coronariens et/ou des patients ayant des antécédents d’accident vasculaire cérébral ont été clairement démontrés. Des études réalisées chez ces patients ont démontré l’absence d’effet délétère des substituts nicotiniques.

Dans ce contexte, la nicotine est utilisée dans la prise en charge de sevrages tabagiques et se retrouve dans les médicaments suivants :

Rappelons à ce stade que cette prescription s’inscrit dans un contexte clinique qui mobilise des techniques d’entretien motivationnel, et pour lequel la Haute Autorité de Santé a émis des recommandations en 2014 :

Arrêter de fumer et ne pas rechuter

Tout un programme ! Ces recommandations de bonne pratique font le point sur les méthodes de sevrage tabagique efficaces ainsi que sur la cigarette électronique. Elles se présentent sous la forme d’un guide et d’outils pratiques pour aider les professionnels de santé à suivre et accompagner leurs patients fumeurs.